15 janvier 2026

Comment gérer l’état des lieux d’entrée et de sortie sans litige lors d’un déménagement en suisse

Comment gérer l’état des lieux d’entrée et de sortie sans litige lors d’un déménagement en suisse

Comment gérer l’état des lieux d’entrée et de sortie sans litige lors d’un déménagement en suisse

Lors d’un déménagement, l’état des lieux d’entrée et de sortie est souvent le moment le plus tendu. C’est là que tout se joue : votre garantie de loyer, votre relation avec la régie ou le propriétaire, et parfois plusieurs centaines voire milliers de francs. Pourtant, avec un peu de méthode, il est tout à fait possible de passer ces étapes sans litige.

Pourquoi l’état des lieux est si important en Suisse

En Suisse, l’état des lieux (d’entrée et de sortie) n’est pas toujours obligatoire légalement, mais dans les faits, en Suisse romande, presque toutes les régies et propriétaires le font. Et ils ont raison : c’est la seule base objective pour décider qui paie quoi en cas de dégâts.

Concrètement, l’état des lieux sert à :

  • Documenter l’état exact du logement au moment où vous entrez.

  • Comparer cet état avec celui au moment où vous quittez.

  • Faire la part entre : usure normale (à charge du propriétaire) et dégâts (à charge du locataire).

  • Déterminer si la garantie de loyer est libérée, partiellement conservée ou utilisée pour des réparations.

Une anecdote fréquente : un parquet déjà bien marqué lors de l’entrée, mais mal documenté. Trois ans plus tard, au départ, la régie fait passer une grande partie du ponçage à la charge du locataire sortant. Sans photos ni remarques précises dans l’état des lieux d’entrée, c’est presque mission impossible de contester.

Morale : ce n’est pas au moment de rendre les clés qu’on se protège, mais dès le premier jour de location.

Bien préparer l’état des lieux d’entrée

Un bon état des lieux d’entrée, c’est votre assurance-vie pour le jour où vous quittez le logement. Voici comment le préparer de manière professionnelle.

Avant le rendez-vous

  • Prévoyez au moins 1 à 2 heures, même pour un petit appartement. Un état des lieux expédié en 20 minutes est souvent bâclé.

  • Préparez votre matériel : smartphone chargé (photos et vidéos), lampe torche (pour les coins sombres, caves, dessous d’évier), bloc-notes ou directement stylo pour compléter le formulaire.

  • Demandez à l’avance si la régie fournit un modèle d’état des lieux papier ou numérique, et si vous pouvez en recevoir une copie électronique immédiatement après signature.

Pendant l’état des lieux d’entrée

Adoptez une logique pièce par pièce, en notant tout ce qui n’est pas « comme neuf » :

  • Murs et plafonds : trous, traces, taches, fissures, peinture écaillée.

  • Sols : rayures profondes, taches, joints abîmés, carrelage fendu.

  • Fenêtres et portes : fermetures qui coincent, joints abîmés, vitres rayées ou fissurées.

  • Cuisine : plaques de cuisson rayées, four ou frigo déjà marqués, portes de placards qui ferment mal.

  • Salle de bains / WC : joints moisis, calcaire incrusté, fissures dans la baignoire ou le lavabo.

  • Installations : prises qui ne tiennent pas, interrupteurs lâches, radiateurs abîmés, stores en partie cassés.

À chaque défaut, faites :

  • Une note écrite claire dans le formulaire (ex. « Salon – mur Est : 3 trous d’anciennes chevilles »).

  • Une photo nette, si possible avec un objet pour l’échelle (clé, stylo).

  • Éventuellement une courte vidéo pour les éléments mobiles (fenêtres qui ferment mal, volet qui bloque).

Ne vous laissez pas impressionner par les phrases du type : « Oh ça, c’est rien, on le sait, pas besoin de le marquer. » Si c’est visible, c’est marquable. Le jour du départ, ce ne sera plus le même interlocuteur, ni le même souvenir.

Après l’état des lieux d’entrée

  • Exigez une copie signée du procès-verbal tout de suite, ou au plus tard dans la journée par e-mail.

  • Relisez-le au calme. La plupart des régies vous donnent un délai (souvent 10 jours) pour signaler des défauts supplémentaires non vus le jour J.

  • Si vous découvrez un problème après coup (prise qui ne fonctionne pas, fuite légère, etc.), envoyez un e-mail avec photos, description et demande d’ajouter ces points au dossier.

Comprendre ce qui est vraiment à votre charge : usure vs dégâts

Beaucoup de conflits naissent d’une mauvaise compréhension de ce qui est à la charge du locataire. En Suisse, on distingue :

  • Usure normale : vieillissement inévitable dû à une utilisation correcte (peinture qui ternit, légères traces de meubles au sol, joints qui jaunissent, etc.). À la charge du propriétaire.

  • Dégâts : dommages au-delà de l’usure normale (trous importants, taches profondes, rayures profondes sur parquet, porte cassée, brûlure sur plan de travail). À la charge du locataire.

En Suisse romande, régies et associations de locataires se basent souvent sur des tableaux de durée de vie (USPI, ASLOCA, etc.). Par exemple :

  • Peinture / papiers peints : environ 8 à 10 ans.

  • Parquet verni : 15 à 20 ans.

  • Moquette : 7 à 10 ans.

  • Électroménager (four, plaques, frigo) : 10 à 15 ans.

Si un élément est plus vieux que sa durée de vie théorique, le coût de remplacement ne peut pratiquement plus être facturé au locataire, même en cas de dégât. Si l’élément a, par exemple, 5 ans sur une durée de vie de 10 ans, le locataire ne paie que la partie « non amortie ».

Exemple concret :

Un plan de travail a une durée de vie de 20 ans. Il en a 10 au moment où vous faites une marque profonde en posant une casserole trop chaude.

  • Coût de remplacement : 1 000 CHF.

  • Âge de l’élément : 10 ans (soit 50 % de sa durée de vie).

  • Part restante à la charge du locataire : 50 %, donc 500 CHF.

En cas de demande de paiement, n’hésitez pas à demander par écrit :

  • L’âge des éléments concernés.

  • Le calcul appliqué (durée de vie, amortissement, etc.).

Et surtout, pensez à votre assurance responsabilité civile privée (RC ménage) : elle couvre la majorité des dégâts causés au logement, déduction faite de la franchise. Informez votre assureur dès que vous recevez une facture contestable.

Préparer l’état des lieux de sortie comme un pro

Pour un état des lieux de sortie sans mauvaises surprises, l’anticipation est la clé. Ne commencez pas à y penser la veille du déménagement.

1 à 2 mois avant le départ

  • Relisez l’état des lieux d’entrée : repérez les défauts déjà notés. On ne peut pas vous les refacturer.

  • Faites le tour du logement et listez ce qui pourrait poser problème : trous importants, joints très sales, rayures profondes.

  • Décidez ce que vous allez corriger vous-même et ce que vous laissez tel quel.

Petits travaux souvent rentables à faire soi-même

  • Reboucher des trous avec de l’enduit, puis retouches peinture localisées (en évitant les grosses différences de teinte).

  • Remplacer un pommeau de douche cassé, un abattant WC abîmé, une douille de lampe bon marché.

  • Détartrer minutieusement robinetterie, parois de douche, WC.

Attention : repeindre intégralement un mur ou une pièce peut se retourner contre vous si le résultat est de mauvaise qualité. En cas de doute, mieux vaut laisser le propriétaire gérer et se reposer sur les règles d’usure normale.

Le nettoyage, vrai point sensible en Suisse

En Suisse romande, beaucoup de litiges portent sur la « propreté » à la sortie. La norme implicite, c’est le « état impeccable ». Concrètement, cela signifie :

  • Cuisine : four et plaques dégraissés, sans trace brûlée; hotte aspirante propre (y compris filtres si accessible); frigo vidé, dégivré et nettoyé; intérieurs de placards propres, sans miettes ni graisse.

  • Salle de bains : calcaire enlevé sur robinetterie, parois, carrelages; joints nettoyés; WC impeccables, y compris sous le rebord.

  • Sols : aspirés puis lavés; pas de taches visibles.

  • Fenêtres : vitres propres; encadrements et appuis nettoyés.

Deux options :

  • Nettoyer vous-même : économique, mais exigeant en temps et en énergie. Comptez facilement une journée complète pour un 3 pièces, voire plus.

  • Faire appel à une entreprise de nettoyage spécialisée en fins de bail : plus cher, mais souvent avec garantie de reprise. Si la régie n’est pas satisfaite, l’entreprise revient gratuitement. Pour un 3 pièces en Suisse romande, on est souvent entre 600 et 1 200 CHF selon l’état et la région.

En tant que déménageur, je vois régulièrement des clients économiser 300 CHF sur le nettoyage… et en perdre 800 sur la garantie de loyer à cause de remarques de la régie. Le calcul n’est pas toujours gagnant.

Le jour J : attitude et réflexes à adopter

Le jour de l’état des lieux de sortie, vous avez tout intérêt à être présent, disponible et organisé.

  • Ayez sous la main : l’état des lieux d’entrée, tous les doubles de clés, les manuels d’appareils éventuellement fournis, le contrat de bail.

  • Laissez l’appartement vide (ou presque) : plus rien dans les placards, pas de cartons. Les régies n’aiment pas examiner un logement encombré.

  • Faites la visite dans l’ordre proposé par la régie, mais n’hésitez pas à revenir sur un point si nécessaire.

  • Restez calme et factuel. Si vous n’êtes pas d’accord, dites-le, mais sans agressivité. Notez vos remarques sur le procès-verbal, pas seulement oralement.

  • Demandez qu’on vous envoie une copie signée par e-mail immédiatement ou dans la journée.

Si un point vous semble exagéré (par exemple, refaire toute la peinture pour quelques petites traces après 8 ans de bail), mentionnez clairement que vous vous réservez le droit de vérifier la conformité de la facturation avec les règles d’usure normale.

Photographies, e-mails, écrits : vos meilleurs alliés

En cas de désaccord, c’est la trace écrite qui fait foi, pas les souvenirs. Quelques bonnes pratiques :

  • Faites des photos datées à l’entrée et à la sortie pour les points sensibles (parquet, plan de travail, baignoire, fenêtres, balcon, cave).

  • Confirmez par e-mail tout accord verbal important (par exemple : « Comme discuté lors de l’état des lieux, vous m’avez indiqué que les taches sur le parquet sont considérées comme usure normale. »).

  • Conservez tous les échanges avec la régie ou le propriétaire (e-mails, lettres, SMS). Ne supprimez rien avant restitution complète de la garantie de loyer.

En Suisse, beaucoup de conflits se résolvent simplement parce qu’une des deux parties dispose de documents précis et datés. Soyez cette partie-là.

Que faire en cas de litige malgré tout ?

Malgré toutes les précautions, un désaccord peut toujours survenir. La marche à suivre en Suisse romande :

  • Étape 1 : demande d’explications détaillées Si vous recevez une facture qui vous semble excessive, demandez :

    • Le détail des travaux réalisés.

    • Les factures des entreprises intervenues.

    • L’âge des éléments remplacés.

  • Étape 2 : faites intervenir votre assurance RC Transmettez immédiatement les documents à votre assurance responsabilité civile privée. Elle analysera :

    • Si le dégât est couvert.

    • Si le montant réclamé est justifié.

    • Si une négociation est possible.

  • Étape 3 : associations et aide juridique En parallèle, vous pouvez :

    • Contacter une association de défense des locataires (ASLOCA, etc.). Une simple consultation permet souvent d’y voir clair.

    • Vérifier si vous avez une assurance protection juridique (souvent couplée au ménage ou à la RC).

  • Étape 4 : Commission de conciliation Si le litige persiste, la voie officielle passe par la commission de conciliation en matière de baux et loyers de votre canton. C’est gratuit ou peu coûteux, et obligatoire avant un éventuel recours au tribunal.

Dans la grande majorité des cas, on n’arrive pas jusque-là. Une demande argumentée, quelques références aux règles d’usure normale et la perspective d’un recours suffisent souvent à trouver un accord raisonnable.

Le rôle de votre société de déménagement dans tout ça

Une entreprise de déménagement sérieuse en Suisse romande ne se contente pas de transporter vos cartons. Elle peut aussi :

  • Vous conseiller sur le timing entre déménagement, nettoyage et état des lieux.

  • Protéger efficacement les sols, murs et encadrements pendant le déménagement pour éviter de nouveaux dégâts juste avant la remise.

  • Vous mettre en relation avec des partenaires de confiance pour le nettoyage de fin de bail ou de petits travaux.

  • Adapter son planning pour que vous ayez le temps de faire un dernier tour du logement avant l’arrivée de la régie.

En résumé : un état des lieux d’entrée bien documenté, un logement rendu propre et en bon état, des échanges écrits clairs et, en renfort, une bonne assurance RC et, au besoin, une aide juridique. Avec ces outils, vous maximisez vos chances de récupérer votre garantie de loyer sans conflit et de tourner la page sereinement sur votre ancien logement.